Les Bassures

Publié le 23 Mai 2010

Le Bois de Fressin.

Le Bois de Fressin.

Ce samedi 22 mai, il fait beau et chaud dans la région. Il serait bête de ne pas en profiter. Cette fois, c'est le circuit des Bassures qui a retenu mon attention. Long de 36 kilomètres, ce circuit est réputé difficile pour un temps moyen estimé à 3H30. Fort d'un dénivelé positif de 700 mètres, Il propose de découvrir la forêt d'Hesdin et la vallée de la Planquette. Autant vous dire que je m'attends à souffrir.

L'église d'Huby-St-Leu.

L'église d'Huby-St-Leu.

Le point de départ de la randonnée se situe à la gare d'Hesdin. J'y arrive vers 15H30. Si je suis dans les temps, alors j'irai prendre quelques photos de cette charmante ville du Pas-de-Calais située au cœur du Pays des 7 Vallées. Le début du parcours propose de rallier la forêt domaniale par le village d'Huby-Saint-Leu. La route commence à s'élever. Je laisse la charmante église sur la droite pour accéder au sentier cycliste.

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Au loin, Hesdin.

Au loin, Hesdin.

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Le chemin est agréable et propose de contourner la forêt en filant vers l'ouest. Peu à peu, les arbres se rapprochent et l'entrée dans la forêt semble se faire en douceur. Malheureusement, comme la semaine dernière, je loupe l'entrée officielle du circuit. Ce n'est pas bien grave puisque la route me ramène d'elle-même vers une seconde porte. Quelques voitures sont garées en lisière de forêt.

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La forêt d'Hesdin.

La forêt d'Hesdin.

Me voici donc dans la forêt domaniale d'Hesdin. D'une superficie de 1 000 hectares, elle fait la joie des randonneurs de la région avec ses multiples sentiers. Elle fait aussi le bonheur du gibier avec sa végétation abondante. Charmes, chênes et hêtres sont les principaux arbres rencontrés dans ce royaume verdoyant. Apercevoir le ciel bleu dans un tel contexte est une forme de délivrance. C'est luxuriant. En outre, la forêt propose un relief accidenté, ce qui ajoute à son charme. C'est précisément ce que je suis en train de vérifier !

Les Bassures
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La traversée de la forêt se déroule dans le calme et sans aucun accroc. Je retrouve rapidement le circuit des Bassures. Au bout de deux kilomètres, je finis par trouver la sortie. Comme c'est étrange, un champ de colza est là pour m'accueillir ! La lumière est revenue et je me retrouve de nouveau dans un décor champêtre en pleine effervescence. Au loin, j'aperçois quelques maisons. Il s'agit du village de Cavron. J'apprécie d'ailleurs beaucoup sa traversée avec notamment quelques jolies voyettes du plus bel effet. Le cycliste y redevient enfant...

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Un endroit comme je les aime !

Un endroit comme je les aime !

Cavron se situe dans la vallée de la Planquette. A sa sortie, la route s'élève de nouveau. Les mollets vont souffrir dans cette succession de monts à escalader. Pour vous donner une idée, le dénivelé moyen est de 70 mètres pour chaque ascension. Pour l'instant, je fais face. Sur le plateau, changement de direction. Le circuit bifurque vers l'Est. Je suis contre le vent et ce n'est jamais plat. Aucun répit ! Rapidement, je me rapproche d'un autre massif forestier. C'est le Bois de Fressin que le circuit VTT propose d'effleurer en deux parties.

La première partie est roulante. Pour les marcheurs, un sentier part sur la droite en contrebas. Nous sommes en lisière de forêt au lieu-dit Le Rio Louvet. Je consulte ma carte IGN. Je viens de passer les Dix-Sept et me dirige vers les Quatorze. Pourquoi utiliser des nombres comme lieux-dits ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que le sentier débouche sur un carrefour bucolique comme je les aime, qui plus est, bordé par un champ de colza. Que je suis bien ici !

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La surprise du chef.

La surprise du chef.

Je tourne à gauche au carrefour pour m'enfoncer dans le bois, à droite, une centaine de mètres plus loin. Et là, surprise ! Le circuit devient technique. Le tracé est sinueux et peuplé de racines. Il faut faire attention. Une surprise peut en cacher une autre. Je tombe nez à nez avec une grosse butte. Dèjà, une butte, ce n'est pas facile. Mais alors, une grosse butte, je vous laisse imaginer ! Même à pied, j'ai du mal à me hisser. Le vélo est aussi sacrément lourd. En fait, c'est la première fois que j'utilise mes freins en montée. Les pieds glissent et, mains aux cocottes, je me rattrape comme je peux. Les animaux doivent se marrer. S'en suivent des toboggans et des tremplins miniatures. Je manque d'aller tout droit au détour d'un lacet riquiqui. L'adrénaline monte. Je prends mon pied. Sur ma droite, les pâturages sont lumineux. J'aperçois quelques fermes superbement entretenues. Nous sommes au pays de Bernanos.

Passage à gué sur la Planquette.

Passage à gué sur la Planquette.

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La Lombardie s'offre à moi sans un bruit. Je regrette de ne pas pouvoir passer plus de temps dans cet éden. Je parie que je dois manquer des choses. Le sentier plonge sur le village de Fressin. Je retrouve une portion de macadam pour pas longtemps. Un chemin sur la gauche débouche sur un gué. C'est la rivière de la Planquette. Elle a donné son nom à la vallée. Je m'arrête pour prendre une photo. Je m'aperçois qu'un petit pont sur la gauche permet de franchir à sec la rivière. Je commence à manquer de lucidité. Cette partie du circuit renoue avec le refrain plateau/vallée. C'est parti pour l'escalade de la Capellette. Sur l'autre versant que je viens de quitter, j'aperçois les ruines d'un château féodal au bord du Bois de Fressin. Bien sûr que j'ai manqué quelque chose !

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Le Bois de Godiamont marque le sommet de cette énième difficulté. A gauche, s'offre la possibilité de rejoindre le circuit Henry V. A droite, le circuit des Bassures continue de plus belle. Et c'est là que se joue le drame. Dans la descente légèrement en dévers, je commets l'erreur d'utiliser le frein arrière avec trop de générosité. La roue arrière chasse et le vélo se couche inexorablement. J'effectue un joli vol plané en conséquence. A ma façon, j'embrasse la route en atterrissant heureusement sur le ventre. Sur le circuit des Bassures, je viens de me casser la figure. La rime est toute trouvée. Cela aurait pu être pire. Je n'ai que quelques éraflures aux genoux et sur le ventre. La tête a touché légèrement le sol. Ouf !

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La forêt s'endort.

La forêt s'endort.

Un poil sonné, j'ai du mal à retrouver mes esprits. La sagesse me recommande de raccourcir mon périple. Je laisse logiquement de côté le Mont Miracle et les Trois Cornets. Je rejoins Cavron pour m'attaquer au Mont Asselin. Les crampes font officiellement leur apparition. Au sommet, je suis soulagé de revoir la forêt domaniale. Un joli chemin me ramène dans le massif forestier.

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En cette fin de journée, la forêt commence à s'endormir et j'ai un peu de mal à retrouver mon chemin. Je file vers l'est vers La Loge et retrouve le fléchage du circuit. Celui-ci me renvoie vers l'ouest. En fait, j'ai l'impression de retourner sur mes pas. Serait-ce la partie du circuit que j'avais manquée tout à l'heure ? Il vaut mieux en rire et puis cela me permet d'admirer les derniers rayons de soleil qui transpercent la végétation. L'éclairage est particulier et de toute beauté. Je quitte la forêt d'Hesdin par là où j'étais entré. Je rejoins Hesdin par Huby-Saint-Leu. Il est 20 Heures et cela sent le barbecue. Mais c'est moi qui suis grillé ! Mon compteur affiche 36 kilomètres pour 3 heures de route (+ 30 minutes de pause). La visite de la ville sera pour une autre fois...

Photos : V. Pennel.

Rédigé par Vincent Pennel

Publié dans #Circuits balisés, #Pas-de-Calais

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